Les banques sous pression pour accélérer les fermetures d’agences – Les Echos

Bousculé par les banques en ligne et une conjoncture difficile, le secteur bancaire français est en pleine mutation. Les réseaux des banques tricolores résistent cependant mieux que ceux de leurs voisines européennes.

Dans un environnement économique troublé, les banques sont sous pression pour rationaliser leurs réseaux. Alors qu’ils ont poussé comme des champignons dans les années 2000 dans l’Hexagone, c’est un mouvement inverse de repli que l’on observe depuis plusieurs années. La fréquentation des agences baisse et la banque en ligne – moins coûteuse pour les établissements et davantage alignée sur les nouvelles attentes des clients – gagne du terrain.

« La banque de détail en France traverse depuis deux ans une crise d’une rare violence, avec une marge d’intérêt (la différence entre ce que leur coûte la ressource et le prix auquel elles peuvent prêter) qui a baissé de 30 à 60 % selon les banques sur la même période », pointe Nicolas Darbo, associé chez Accuracy. Après avoir été pénalisées par la hausse des taux, les marges ont commencé à se redresser, mais elles restent à la merci d’une conjoncture dégradée. « En banque de détail, les acteurs traditionnels ont longtemps imposé un modèle de distribution quasi unique, avec un vaste réseau physique, complété, sous la pression des néobanques, d’outils digitaux », explique encore Nicolas Darbo« De ce point de vue, les banques traditionnelles françaises ont une particularité. Depuis quinze ans, elles n’ont réduit leur parc d’agences que de 15 à 20 % environ (soit 50 agences pour 100.000 habitants), contre 50 à 70 % dans la plupart des pays d’Europe (10 à 25 agences pour 100.000 habitants). »

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