Le football européen repose sur une organisation pyramidale. A la base se trouvent les clubs amateurs de chaque pays, et au sommet, les clubs de première division. Cette représentation dominante repose sur l'idée qu'il existe une certaine " porosité " entre football amateur et football professionnel. Même si cela doit rester un exploit, une équipe de football amateur est supposée pouvoir battre n'importe quel club professionnel, notamment lors des coupes nationales organisées dans les différents pays d'Europe.
Cette structure pyramidale s'oppose au concept de ligue fermée qui caractérise le sport professionnel en Amérique du Nord (NBA, NFL, etc.). Par définition, les équipes engagées dans une ligue fermée ne sont pas concernées par une quelconque relégation en division inférieure. L'organisation des ligues fermées nord-américaines repose sur un ensemble de dispositifs de régulation qui visent à assurer l'équité sportive entre les clubs. A la fin de chaque saison, les meilleurs joueurs universitaires sont ainsi répartis entre les équipes professionnelles par un tirage au sort qui favorise les équipes les moins bien classées (" draft ").
Les instances européennes du football militent pour le maintien d'un système de ligue ouverte. Ce discours masque cependant une réalité bien différente. Le football professionnel se caractérise aujourd'hui par une concentration des moyens financiers dans un nombre limité de clubs. Ces grands clubs ne sont plus en compétition qu'entre eux, comme c'est le cas dans une ligue fermée. L'UEFA a pourtant instauré le " fair-play " financier en 2010, mais sans réguler directement les conditions de l'équité sportive. Les grands clubs européens peuvent racheter les joueurs les plus talentueux, entretenir des effectifs pléthoriques, et ils disposent de tous les moyens pour s'assurer une domination sans partage sur le plan sportif.
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Henri Philippe et Aomar El Elalami, en collaboration avec Franck Bancel