Batteries, moteurs électriques, ordinateurs, téléphones… aucun de ces éléments clés de la transition énergétique et numérique n’existerait sans le lithium, le nickel, les terres rares ou le cobalt. Ces métaux dits “ critiques ” sont déterminants pour notre souveraineté industrielle. Or, L'Europe est de plus en plus dépendante des pays tiers pour leur extraction, leur raffinage et leur transformation.
C'est à partir de ce constat que nous avons organisé une table ronde chez Accuracy, à l'occasion de la parution du livre « La guerre du métal. L’Europe : vassalité ou souveraineté ? » de Jean Wilfried Diefenbacher.
Plusieurs axes de réflexion ont émergé :
- Le rôle central des investisseurs : Les projets liés aux métaux critiques peinent encore à attirer, en Europe, des financements à la hauteur des enjeux. Cela s’explique par une méconnaissance des caractéristiques du secteur et par des exigences de rentabilité parfois difficilement compatibles avec la durée de vie des projets en question.
- La prise de conscience politique en France a été saluée, notamment grâce à la mise en place d’une politique nationale ambitieuse, qui vise notamment à faciliter le financement de la chaîne de valeur. Cela inclut des partenariats public-privé, des partenariats avec des fonds tels qu’InfraVia Capital Partners, la garantie d’État pour les projets stratégiques, la coordination des acteurs industriels et la mise en place de partenariats internationaux.
- La nécessité d’un cadre européen mieux coordonné : La chaîne de valeur reste très fragmentée, chaque minerai présentant des particularités qui influent sur son processus de transformation et son utilisation. Les réglementations européennes manquent parfois de cohérence, ce qui freine la mise à l’échelle.
- Si la France s’est davantage positionnée sur le segment en aval, avec le raffinage et le recyclage, le projet d’extraction de lithium géothermique mené en Alsace par ÉS (Électricité de Strasbourg) en partenariat avec Eramet montre comment un Un ancrage local et un dialogue territorial constant peuvent permettre à un projet d’extraction de s’inscrire dans une logique de durabilité économique et sociale.
En conclusion, pour garantir la souveraineté, ou tout au moins limiter la dépendance de la France et de l’Union européenne en matière de métaux critiques, il faut une une articulation fine entre les politiques publiques, les réalités industrielles et les logiques de financement.
Merci à tous nos intervenants pour la qualité des échanges :
Jean Wilfried Diefenbacher, Mohamed Hamdani, Thomas Remichius, Benjamin Gallezot