Les activités de banque d'investissement restent très dynamiques

Par Nicolas Darbo, associé, Accuracy

En ce début d'année, les activités de CIB, déjà performantes depuis cinq ans, ont affiché de très bons résultats, notamment sur les marchés de capitaux. Ceci en grande partie grâce à la forte hausse de la volatilité ces derniers mois suite à l'élection de Donald Trump. Ces performances ont permis aux banques américaines de réaliser d'excellents résultats et à BNPP de compenser la croissance un peu plus faible de ses activités de banque de détail.

JPMorgan Chase dépasse les attentes au premier trimestre dans un contexte de "fortes turbulences".

Je l'ai déjà dit : Les résultats de JP Morgan en 2024 sont exceptionnels. Les revenus ont augmenté de 12% sur l'année, et même de 50 milliards en deux ans, soit l'équivalent d'une banque comme BNPP ! La croissance a concerné tous les métiers, avec une hausse de 15% pour la BFI, de 11% pour AM et de 2% pour la banque de détail. Les charges d'exploitation et les risques ont été maîtrisés, ce qui a permis à la banque d'afficher un bénéfice net de 58 milliards d'euros et un ROE sans précédent de 18%.

De ce point de vue, il n'est pas forcément facile de reproduire une telle performance, surtout dans un contexte économique qui a changé au cours des trois derniers mois. Les résultats du premier trimestre étaient donc très attendus. Globalement, ils sont très bons : les revenus sont en hausse de 9% à 45,3 milliards d'euros, et les charges d'exploitation et le coût du risque sont contenus. Le bénéfice net s'élève à 14 milliards d'euros et le ROE reste stable par rapport à 2024 à 18%. Pas mal.

Par grand métier, la banque de détail, qui progresse de 3,5%, n'a pas encore ressenti les effets de la crise actuelle, que ce soit en termes de volumes de crédits ou de risques. La BFI est contrastée, avec des activités de marché portées par la volatilité (+17% et +36% sur les taux et les actions), mais des commissions de banque d'investissement logiquement en baisse (-8%). AM n'a pas encore été affecté par la chute des marchés, affichant une croissance de 10%. Encore un bon début d'année.

Morgan Stanley annonce un excellent premier trimestre 2025

Parmi les six grandes banques américaines, trois sont assez équilibrées dans leurs métiers (BoA, Citi et Wells Fargo) ; en Europe, on pourrait les qualifier de banques quasi-universelles, même si l'assurance fait défaut. Une quatrième banque, JP Morgan, présente un profil similaire, même si ses excellentes performances la placent plutôt dans la catégorie des ovnis. Enfin, il y a deux grandes banques d'investissement, qui ont réussi à rester en vie après la crise des subprimes, avec un mandat de diversification.

Goldman Sachs et Morgan Stanley ont donc tenté de développer de nouvelles lignes d'activité, initialement avec des stratégies assez différentes. MS a construit une puissante activité de gestion d'actifs et de banque privée (46% de ses revenus en 2024) par le biais d'acquisitions. GS a fait un choix plus audacieux, moins adjacent à ses métiers d'origine : la banque de détail, sous la marque Marcus. Mais cette nouvelle activité n'a jamais dépassé 5% du total des revenus.

Seize ans après la crise des subprimes, GS reste beaucoup plus concentré sur la BFI que sur la MS, représentant 70% de revenus pour la première contre 46% pour la seconde. GS aurait donc pu bénéficier davantage des marchés très volatils du premier trimestre. Mais c'est l'inverse qui est vrai : Les revenus de MS ont augmenté de 17% au total, contre seulement 6% pour GS, toutes les lignes d'activité affichant de meilleures performances, y compris CIB elle-même.

Fort de sa banque d'investissement, BNP Paribas prend un bon départ en 2025

Malgré un environnement économique incertain, BNP Paribas affiche une performance solide au 1er trimestre 2025. Le Groupe bénéficie de la solidité de ses pôles opérationnels, en particulier CIB qui réalise un trimestre record avec une croissance de 12,5% de ses revenus. Les métiers d'épargne confirment leur dynamique avec une croissance de 6,6%, tirée par l'assurance et la banque privée.

La banque commerciale a également affiché de bons fondamentaux, avec une hausse de 4,2% des revenus dans la zone euro et une forte dynamique numérique. Hello bank ! compte désormais 3,7 millions de clients et Nickel continue de croître. L'environnement de taux reste favorable, soutenant les marges d'intérêt, tandis que les métiers spécialisés affichent des performances contrastées, notamment Arval, affecté par la baisse des prix des voitures d'occasion.

Le résultat net s'élève à 2,95 milliards d'euros, en légère baisse (-4,9%) par rapport au T1 2024, qui avait été marqué par des éléments exceptionnels. Le coût du risque reste contenu à 33 points de base, reflétant la solidité du portefeuille. Avec un ratio CET1 de 12,4%, le Groupe maintient une base de capital solide. BNP Paribas confirme ainsi sa trajectoire 2024-2026 et son rôle moteur dans le financement de l'économie européenne.