La valeur de la diversification : la théorie et la pratique - Option Finance

L'année 2017 a été une année record en ce qui concerne les fusions et acquisitions. Parmi les raisons avancées pour justifier ces opérations, l'une d'entre elles, à savoir la volonté de "diversification stratégique" des groupes, peut poser question sur le plan financier.

Depuis les travaux de Markowitz (1958), la finance enseigne qu'une partie importante du risque peut être éliminée par la diversification (risque spécifique) et que les investisseurs ont tout intérêt à se diversifier. En revanche, d'après la théorie, ce qui est vrai pour l'investisseur ne l'est pas pour l'entreprise. La diversification d'une entreprise engendre en effet des coûts importants pour les actionnaires : absence de taille critique dans chacun des métiers, mauvaise qualité de l'information comptable, coûts d'agence élevés (les dirigeants des différents métiers s'affrontent pour disposer des ressources de l'entreprise, etc.) Au total, l'actionnaire peut très bien se diversifier seul, et à moindre coût. Ce n'est donc pas le rôle de l'entreprise de diversifier ses investissements à sa place. Ainsi, le cadre de la finance classique impose une représentation de ce que doit être une entreprise : spécialisée, elle doit concentrer toutes ses ressources dans une seule ligne de métier. Elle est valorisée considérant son seul risque systématique et sa capacité à diversifier les risques en interne n'a pas de valeur.

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Henri Philippe, en collaboration avec Franck Bancel