Un nouvel âge d'or de l'énergie nucléaire !

Après avoir été fragilisée par divers événements et décisions qui lui ont donné un éclairage défavorable (Fukushima, Flamanville, Fessenheim), l'industrie nucléaire connaît aujourd'hui une certaine résurgence.

L'annonce récente par le président français d'un programme de construction de six réacteurs EPR2 témoigne de son choix de maintenir une base de production d'électricité décarbonée à partir de l'énergie nucléaire.

Bien qu'elle fasse l'objet de nombreux débats, cette décision est née d'un pragmatisme froid : Malgré leur déploiement à grande échelle, les énergies renouvelables restent soumises aux caprices de la météo. Seules, elles ne pourront pas se substituer aux installations de production d'électricité dispatchables, lorsque les conditions météorologiques le permettent. l'ambition des engagements pris pour réduire les émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2050.

Face à l'électrification de l'économie, le choix de maintenir le nucléaire dans le mix énergétique français aux côtés des énergies renouvelables n'est pas tant une option qu'une nécessité. Le garant de l'équilibre du réseau français, RTE, le reconnaît également : les scénarios prospectifs sans renouvellement du parc nucléaire dépendent, en termes de sécurité d'approvisionnement, d'avancées technologiques et sociétales significatives - un pari pour le moins risqué. Au-delà de ces aspects, le nucléaire constitue également un vecteur évident d'indépendance énergétique pour les Européens. L'actualité nous le rappelle cruellement, et la situation aurait presque pu conduire à un changement de position de l'Allemagne, si l'on s'en tient aux dernières déclarations de son gouvernement.

En France, les premières estimations font état d'un coût de construction de 52 milliards d'euros, mais les mécanismes de financement restent à définir. La seule certitude est que le soutien de l'État sera essentiel de garantir un prix final de l'électricité compétitif, compte tenu de l'ampleur des investissements et des risques pesant sur le projet. En fin de compte, l'ingénierie financière du projet devra être imaginative afin d'aligner les intérêts de l'État, d'EDF et des consommateurs.


René Pigot - Associé - Accuracy
Accuracy Talks Straight #4 - Un partenaire, un point de vue