Les banques françaises en meilleure forme en 2024
Après une année 2023 particulièrement difficile pour les banques françaises, très affectées par la forte remontée des taux d'intérêt à partir de fin 2022, l'année 2024 a été bien meilleure. La banque de détail a franchi le point bas et les autres métiers, dont la BFI et la gestion d'actifs, ont poursuivi leur croissance. Sauf choc sur les marchés, l'année 2025 devrait être encore meilleure.
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En 2023, malgré les forts vents contraires de la hausse des taux d'intérêt, BNPP a bien résisté grâce à son modèle diversifié, affichant une croissance de ses revenus de l'ordre de 1% alors que les autres banques françaises perdaient de 7 à 8%. Malgré cette résistance en 2023, BNPP poursuit sa trajectoire de croissance en 2024, avec des revenus en hausse de 4% et un résultat net record (11,7 milliards d'euros) en hausse de 6,5%, atteignant presque l'objectif (+9%).
Par grand métier, comme dans la plupart des grandes banques, c'est la BFI qui tire cette croissance, avec une progression de 8,4% sur l'ensemble de l'année, bien équilibrée entre les différentes activités. Les activités d'épargne progressent également, de l'ordre de 4%, dont 7% pour l'assurance. La banque de détail poursuit son redressement (-0,2%), malgré une baisse du taux de marge de 4,7%. Enfin, Arval a fortement chuté (-6,3%) en raison des prix de l'automobile.
BNPP a profité de la publication de ses résultats pour communiquer ses principaux défis stratégiques à l'horizon 2026. Pour la BFI, le principal défi est de continuer à croître plus vite que le reste du monde. Dans la banque commerciale au sens large, l'objectif principal est de restaurer la rentabilité (+8% d'ici 2028). Enfin, le défi majeur pour la division IPS sera d'intégrer toutes ses acquisitions (AXA IM, HSBC en Allemagne, BBC Vita et Neuflize Vie).
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Au cours des quatre dernières années, la SG a connu des années contrastées, avec des pertes sur les dérivés actions en 2020, la vente de Rosbank en 2022 et une pression sur sa marge d'intérêt en 2023-2024. Ces turbulences semblent désormais derrière elle. Grâce à l'ajustement de son portefeuille d'activités et à la performance intrinsèque des activités conservées, la banque est désormais en avance sur l'ensemble des objectifs de son plan, notamment le coefficient d'exploitation (69%) et le ROE (6,9%).
Les résultats de 2024 sont en effet excellents. La croissance du chiffre d'affaires est solide (+6,7%) par rapport à 2023, même si elle reste inférieure à celle de 2022 (-1,4%) en raison des activités cédées. Les dépenses de fonctionnement restent bien maîtrisées (-0,3%). En revanche, le coût du risque, extrêmement bas en 2023 (17 points de base sur les encours), est revenu à la normale, à 26 points de base, compte tenu du contexte macroéconomique. Au final, la SG réalise son meilleur résultat net depuis quatre ans (4,2 milliards d'euros).
Toutes les divisions ont enregistré des performances solides. Grâce à la fin de l'impact négatif de l'ALM, la SG a réalisé la meilleure croissance de toutes les banques françaises en banque de détail (+7,9%, avec +21,1% de marge nette d'intérêts). Comme la plupart de ses pairs, CIB a continué d'enregistrer de très bonnes performances, tant au niveau global (+5%) qu'au niveau des actions en particulier (+11,7%). Enfin, la division mobilité (Ayvens) se remet progressivement de la normalisation des prix des voitures (-0,4%).
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Malgré les vents contraires de la remontée des taux d'intérêt, l'année 2023 a été une bonne année pour le groupe Crédit Agricole, avec des revenus en hausse de 4,8% grâce aux services financiers (+29,3%) et à la banque de détail à l'international (+19,7%). En 2024, le groupe poursuit sa trajectoire de croissance avec des revenus en hausse de 4,3%. Les charges d'exploitation ont été maîtrisées (+2,9%), de même que les risques, permettant au produit net bancaire d'atteindre 8,6 milliards d'euros (+4,6%).
Par grand métier, la gestion d'actifs et la banque privée ont fortement progressé (+11,9% et +36,6%), grâce notamment à une collecte nette élevée et à l'intégration de Degroof Petercam au cours de l'année. Comme pour la plupart des grandes banques, la BFI a réalisé de bonnes performances, avec des revenus en hausse de 8,9%. Sans surprise, la banque de détail en France se redresse (-1,1% après -6,3% en 2023), grâce à un léger rebond de la marge nette d'intérêts, tandis que le crédit à la consommation s'effondre (-4,3%).
Le plan stratégique actuel de Casa a atteint tous ses objectifs avec un an d'avance, avec un PNB de 7,2 milliards d'euros et un ROTE de 14%, contre 6 milliards d'euros et 12% visés en 2025. Ces résultats sont le fruit d'une croissance organique (hors banque de détail en France depuis 2022) et d'une croissance externe qui a concerné la plupart des métiers du groupe (BFI, banque privée, mobilité, conservation, etc.). Les progrès réalisés ces dernières années sont exceptionnels.
Nicolas Darbo, associé, Accuracy