Les dirigeants prennent quotidiennement des décisions qui déterminent l'avenir de leur entreprise, mais qui n'auront un impact que dans un temps long. Concrètement se pose alors la question pour les actionnaires des dispositifs à mettre en place pour inciter à la création de valeur à long terme. Dans la représentation financière classique, la réponse est simple : les dirigeants ont comme seul objectif de faire croître le cours de Bourse. Il faut donc les rémunérer sur le long terme si et seulement si le cours de Bourse a progressé significativement, seul ou comparativement à d'autres sociétés de leur secteur.
Cette représentation de la performance des dirigeants est largement répandue dans le monde anglo-saxon et défendue avec ferveur par certains actionnaires activistes et sociétés de conseil en gouvernance. Pourtant, depuis deux décennies, la recherche en finance a montré l'existence d'un phénomène de myopie des marchés financiers et de comportements court-termistes de la part de certaines entreprises, privilégiant parfois la valorisation du cours de Bourse au détriment de la création de valeur à long terme.
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Henri Philippe, en collaboration avec Franck Bancel