Ce qui vous attend à la COP28

La COP28 se tiendra à Dubaï du 30 novembre au 12 décembre 2023. Cet événement est très attendu.

Il commencera par un examen des progrès réalisés depuis la signature de l'Accord de Paris qui, lors de la COP21 il y a huit ans, a fixé l'objectif de limiter le réchauffement climatique à un maximum de +1,5°C. Mais cet examen, connu sous le nom de "Global Stocktake", ne s'annonce pas positif : nos engagements actuels nous placent sur une trajectoire qui nous permettra d'atteindre au mieux un réchauffement de +2,7°C. La pression pour trouver des accords et réaliser des progrès significatifs est donc forte. On parle de la "COP de l'action", et on comprend pourquoi : il n'est plus possible d'agir si nous voulons éviter l'enfer climatique.

Tout cela se déroule dans le contexte de ce que certains considèrent comme l'échec des COP précédentes. En effet, la COP27 s'est contentée d'enregistrer le statu quo sur de nombreuses questions importantes. Par exemple, lors de l'examen des dommages liés au changement climatique, aucun accord n'a été trouvé sur le principe de la solidarité mondiale. Pourtant, ce point aurait dû être largement soutenu par les pays développés.

Une autre complication réside dans le contexte géopolitique actuel, qui peut ajouter à l'incertitude entourant les négociations.

Quels sont les enjeux ?

Trois grands thèmes se dégagent.

Tout d'abord, la question de l'élimination progressive des combustibles fossiles sera soulevée de manière explicite, avec une ligne de démarcation entre les pays producteurs et les pays consommateurs. Il est intéressant de noter que Sultan Al Jaber, le président de la COP28, est également le PDG d'une compagnie pétrolière, ce qui a suscité la controverse.

L'élimination progressive des combustibles fossiles peut être divisée en deux catégories : les partisans d'une élimination complète et les partisans d'une réduction progressive en cessant de consommer uniquement les combustibles fossiles "non dilués", c'est-à-dire ceux qui ne sont pas soutenus par des technologies de réduction telles que les systèmes de piégeage et de stockage du CO2. Mais ces technologies restent immatures et coûteuses, ce qui rend l'idée de combustibles fossiles neutres en carbone irréaliste à court terme. Les enjeux liés à ce court adjectif - "sans relâche" - sont énormes.

Deuxièmement, l'accélération de la transition. Pour être en mesure de limiter le réchauffement climatique à +1,5°C, il faudrait tripler la capacité de production d'électricité renouvelable et doubler l'efficacité énergétique d'ici à 2030. Cela représente un énorme défi, non seulement pour le secteur de l'énergie, mais aussi pour toutes les industries.

Enfin, la transition doit être juste pour les populations les plus vulnérables et les pays en développement. En effet, la justice climatique et l'équilibre entre le Nord et le Sud seront des thèmes centraux de la COP28.

Quels sont les acteurs clés pour accélérer cette transition ?

Rien ne sera possible sans la mobilisation et l'engagement des acteurs et des capitaux privés, en plus du soutien des gouvernements. Si le secteur privé était bien présent lors des précédentes COP, la COP28 a mis l'accent sur lui, considérant que le monde de l'entreprise a un rôle central à jouer dans le changement climatique.

Les entreprises des secteurs critiques pour la transition énergétique, ainsi que celles pour lesquelles la décarbonisation est cruciale, seront au cœur du débat. Leurs engagements à accélérer leurs ambitions font l'objet de nombreuses spéculations et anticipations. Ce sera par exemple le cas du secteur de la construction, pour lequel Accuracy a rédigé une prise de position, Construire demainLa Commission européenne a publié un rapport sur l'état de l'environnement, assorti de 10 recommandations pour atteindre l'objectif du "zéro net".

Parallèlement, jamais une COP n'a vu autant d'acteurs de la finance impliqués. Une journée entière est consacrée à la finance durable et au financement de la transition. Et pour cause : dans son Rapport sur le déficit d'adaptation publié le 2 novembre, le Programme des Nations unies pour l'environnement a souligné que les sommes nécessaires pour s'adapter au changement climatique sont "10 à 18 fois supérieures aux flux financiers actuels", tandis que le GIEC, dans son dernier rapport, souligne qu'il manque 1 000 milliards de dollars par an jusqu'en 2050 pour financer la transition.

Enfin, les institutions publiques et les gouvernements sont, bien entendu, essentiels. Des réglementations plus strictes pour les entreprises et les institutions financières peuvent-elles accélérer la réorientation des flux financiers ? Le rôle de catalyseur des nouveaux cadres réglementaires européens, comme le CSRD, ainsi que des normes internationales, comme les IFRS S1 et S2, sera certainement discuté.

Et bien sûr, rien ne sera possible sans la mobilisation et l'engagement des ONG et de la société civile.

En conclusion, les questions et les attentes sont nombreuses. Accuracy sera présent à la COP28 à Dubaï pour participer aux débats et partager les résultats essentiels.

 


Sophie Chassat - Senior VP Sustainability - Accuracy