2025 - une année solide en perspective pour les grandes banques

Par Nicolas Darbo, associé, Accuracy

Pour l'instant, l'année 2025 s'annonce calme pour les grandes banques. Hormis le leasing automobile, la plupart des métiers affichent une croissance confortable, en particulier la banque de financement et d'investissement et la banque de détail. Dans ce contexte, la SG est en avance sur son plan de marche et BNPP prévoit un excellent deuxième trimestre. Sauf crise majeure d'ici décembre, l'année devrait être très bonne.

JPMorgan affiche des résultats trimestriels meilleurs que prévu

En excluant la plus-value exceptionnelle sur la vente des actions Visa au T2 2024 (7,9 milliards), JPMorgan a réalisé un solide T2, avec un résultat net de 15 milliards. Les revenus totaux ont atteint 44,9 milliards, en hausse de 11% hors plus-value, grâce notamment aux activités de marché (+15%). La banque de détail a progressé de 6% grâce au crédit à la consommation, avec une stabilisation des marges d'intérêt (+2%). Les charges ont été maîtrisées (+0%) et le risque a diminué (-7%).

Dans le domaine de la banque de détail, JPMorgan poursuit sa stratégie d'expansion. Le groupe a annoncé l'ouverture de 500 nouvelles agences d'ici 2027, tout en rénovant près de 1 700 sites existants. Parallèlement, il développe une offre premium pour les clients fortunés avec la montée en puissance des " J.P. Morgan Financial Centers ". À l'international, la banque numérique Chase UK poursuit son développement, avec une version allemande en préparation.

Dans la banque de financement et d'investissement et la gestion d'actifs, JPMorgan se concentre sans surprise sur l'IA générative pour améliorer son efficacité globale. Moins attendue est la création d'un centre d'analyse géopolitique interne, reflétant la volonté d'accompagner les clients dans un monde de plus en plus complexe. Du côté de la banque privée, la banque a annoncé la nomination d'un responsable mondial et le lancement d'ETF actifs et de fonds de marchés privés destinés à une clientèle fortunée plus exigeante.

BNP Paribas vise un bénéfice net de 12,2 milliards d'euros en 2025

BNP Paribas affiche des résultats solides pour le deuxième trimestre 2025, en ligne avec sa trajectoire annuelle. Le produit net bancaire progresse de 2,5% à 12,6 milliards, avec des contrastes entre les métiers, et le résultat net part du groupe atteint 3,26 milliards, malgré un effet de base fiscal défavorable. Les charges d'exploitation sont maîtrisées (+0,8%), le coût du risque reste contenu à 38 points de base, et le ratio CET1 se maintient à 12,5%. Le ROE s'établit à 10,6%, en hausse par rapport à l'année précédente.

Par grand métier, la BFI continue de tirer la croissance, avec des revenus en hausse de 4% grâce aux produits de taux (+28%), qui compensent la baisse du trading actions (-14%). Le pôle CPBS reste stable (+0,4%), soutenu par la banque commerciale (+5%) et malgré les services financiers (-7%). Le pôle Services d'investissement et de protection progresse de 4,4%, porté par l'assurance (+8,2%) et la banque privée (+6,1%), tandis que la gestion d'actifs recule légèrement (-1,8%).

Les perspectives restent solides pour le second semestre 2025, avec une croissance anticipée du chiffre d'affaires de plus de 5% hors intégration d'Axa IM. BNPP prévoit une accélération des revenus d'intérêts liée à l'amélioration du scénario de taux d'intérêt et à des gains d'efficacité opérationnelle. La trajectoire annuelle est confirmée, avec un objectif de résultat net supérieur à 12,2 milliards (contre 11,7 milliards en 2024) et une augmentation du ROTE de 0,6 point par rapport à 2024.

La Société Générale relève ses objectifs financiers pour 2025

Excellent deuxième trimestre pour la Société Générale : le résultat net part du groupe atteint 1,4 milliard, en hausse de 31% sur un an. Les revenus ont augmenté de 1,6% à 6,8 milliards, tirés notamment par la banque de détail. L'augmentation du résultat net est également le fruit d'une très bonne maîtrise des charges d'exploitation (-5,2%) et des risques (-8,2% à 25 pb sur les encours de crédit). Le ROE progresse de plus de deux points à 8,6%, avec un ratio CET1 bien supérieur aux exigences à 13,5%.

Comme pour ses pairs, tous les secteurs d'activité n'ont pas enregistré les mêmes performances au cours du trimestre. La banque de détail en France a représenté la plus grande part de la croissance des revenus, avec une augmentation de 13,1%, y compris une augmentation de 14,3% des revenus nets d'intérêts. La banque de détail à l'international et la banque privée ont été affectées par des cessions d'actifs. La banque de financement et d'investissement a progressé de 0,7% grâce aux revenus fixes, et Ayvens a surperformé ses pairs dans l'environnement actuel (+0,4%).

Ces résultats confirment la tendance des banques françaises, dont plusieurs ont relevé leurs objectifs de résultats ou sont en avance sur leurs objectifs. C'est notamment le cas de la SG qui a relevé plusieurs de ses objectifs à l'horizon 2025 : une croissance des revenus de plus de 3% sur l'année, un coefficient d'exploitation inférieur à 65% au lieu de 66%, un objectif de ROTE de 9% au lieu de 8%. Le cours de l'action reflète cette performance, puisqu'il a plus que doublé au cours de l'année écoulée.